Jean, Godard, Nyamsi, Pr Franklin, Tangy, Norbert, Demare, Arthur
Description
Notre initiation voit ses principes fondés sur des petits et grands Mystères antiques et peut-être sur de plus anciens dont nous n’avons pas connaissa
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nce. Les Mystères, avec leurs secrets assez bien conservés, se sont déroulés au moins pendant quinze siècles en Grèce, à Éleusis. Ils ont assimilé de nombreuses influences, dont égyptiennes, des rites dionysiaques, qui n’étaient pas présents à leur création. Ils ont ancré la tradition initiatique d’Occident pour longtemps. Les Mystères d’Éleusis, originellement, incarnaient le Mythe de Démeter et Perséphone. À partir de l’épopée de ces déesses, ils mettent en scène les relations parfois compliquées entre les genres, la fécondité humaine, celle de la terre, et les grandes interrogations existentielles.
Platon avec sa réputation rationaliste, semble congédier les mythes hésiodiques et homériques. Il affiche parfois un mépris hautain vis-à-vis d’eux. Pourtant il est un utilisateur du mythe, et mieux un créateur prolixe de mythes. Alors comment assumer cette contradiction ? Elle n’est qu’apparente. Elle s’inscrit dans une relecture des mythes et une création d’autres, mais intégrée dans une théorie de la connaissance sous l’égide de la raison. Le mythe prend alors place dans cette épistémologie au titre du « vraisemblable » qui pour ne pas être vrai est semblable au vrai, s’inscrit dans un probabilisme qui finalement n’est qu’une partie de la mathématique. L’intérêt d’une telle théorie de la connaissance est qu’elle est enveloppante, s’écarte de tout monisme et surtout instaure une théorie du questionnement cher à Socrate.
Qu’en est-il aujourd’hui, quand les mangas, les blog-Buster occupent le devant des tréteaux médiatiques et des jeux. En quoi renouvellent-ils la pensée humaine ? N’y-a-t-il pas sous cette apparence d’acculturation, une continuité sous d’autres formes des mêmes mythes, parfois à peine relus quant au fond ?
Le mythe se cache (ésotérisme), tout en disant le nouveau ou l’ancien bâillonné, frustré, emprisonné, ou simplement ignoré, oublié … Le mythe survit parce qu’il joue avec nous et se joue de nous. Est-ce qu’une société patriarcale aurait laissé se transmettre un mythe pouvant être interprété comme féministe, celui de Déméter et Perséphone, si cela n’avait pas été caché, aux yeux distraits ? Est-ce que l’Évangile selon Jean serait devenu canonique, s’il avait dit clairement son contenu gnostique, sa défense de l’espérance contre la foi, sa perspective apophatique ? C’est parce que le mythe dit sans dire, qu’il entre en résonnance avec l’indicible, offrant à toutes les générations des points d’appui pour retrouver la parole perdue.
Le mythe n’a-t-il pas encore de beaux jours devant lui, une parole (perdue ou pas) à délivrer ? Et si les humains ont le plus souvent des difficultés à communiquer entre eux, les mythes, sorte de métalangage formé de symboles, « se parlent entre eux ». Ils sont le trésor caché, toujours à notre disposition, la ligne indirecte pour, si nous y sommes disposés, rétablir le dialogue et aller vers l’autre.
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