ABDI. BILEH DIRIR
Description
LE RÉFÉRENDUM DE 1958 EN CÔTE FRANÇAISE DES SOMALIS: UNE INDÉPENDANCE RATÉE OU DIFFÉRÉE? l'un des épisodes les plus méconnus de l'histoire de Djibouti
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et de la décolonisation africaine. À travers une analyse rigoureuse, Abdi Bileh Dirir revisite le référendum du 28 septembre 1958, moment décisif où la Côte française des Somalis (CFS) fut appelée à choisir entre l'indépendance ou son maintien au sein de la Communauté française. Malgré un fort courant indépendantiste, le territoire vota majoritairement pour le maintien sous administration française, retardant son accession à la souveraineté jusqu'en 1977, soit près de vingt ans après la Guinée.
L'auteur s'interroge sur les causes profondes de ce choix paradoxal: erreurs d'interprétation de la question référendaire, influence des administrateurs coloniaux, divisions internes entre Afars et Issas, pressions géopolitiques des voisins éthiopiens et somaliens, ou encore rôle des élites locales et des autorités coutumières. Abdi Bileh Dirir met en lumière la complexité du vote de 1958, loin de la simple opposition entre pro- et anti-indépendance, en soulignant l'imbrication des enjeux politiques, sociaux et culturels qui traversaient la société djiboutienne.
Ce travail novateur adopte une approche croisée, mêlant perspectives occidentales et africaines. Il s'appuie sur des sources variées pour revisiter les interprétations classiques de la période. Là où beaucoup d'auteurs ont réduit les résultats du référendum à des rivalités ethniques, M. Abdi Bileh Dirir introduit une dimension nouvelle: le rôle des autorités coutumières, longtemps ignorées par l'historiographie coloniale. Ces chefs traditionnels, garants de la cohésion communautaire, auraient-ils influencé le choix du peuple face à la promesse d'indépendance ?
En retraçant la genèse politique de la CFS, depuis la Seconde Guerre mondiale jusqu'à la mise en oeuvre de la Loi-cadre Defferre de 1956 et l'émergence des premiers mouvements nationalistes, l'auteur montre comment la centralisation du pouvoir à Djibouti-ville, les inégalités de représentation et la manipulation coloniale ont façonné le destin du territoire. La recherche s'inscrit ainsi dans une démarche de décolonisation du savoir historique, visant à réhabiliter les acteurs locaux, souvent effacés du récit officiel, et à replacer l'Afrique au centre de sa propre histoire.
À la croisée de l'histoire politique, sociale et culturelle, ce livre offre une lecture critique et nuancée d'un moment charnière de la mémoire djiboutienne. L'ouvrage dévoile les interactions complexes entre l'administration coloniale, les dynamiques communautaires et les aspirations populaires.
À travers une analyse approfondie, Abdi Bileh Dirir redonne sens à un épisode oublié, révélant que l'histoire du refus de l'indépendance en 1958 fut avant tout celle d'un peuple en quête d'équilibre entre héritage colonial, structures traditionnelles et avenir souverain. Ce livre s'adresse aux chercheurs, étudiants, et à toute personne souhaitant comprendre les origines politiques et identitaires de la République de Djibouti.
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