Lacroix, M. Guy R.
Description
8 septembre 1760, capitulation de Montréal,
Jos Bélair dit Cléroux est frappé de panique : c’est la fin de la Nouvelle-France. Les Britanniques prenn
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ent le contrôle du pays. Natif de Montréal, Jos n’est déjà plus Français, mais n’a aucun désir d’être Anglais. Il s’inquiète de son avenir et de celui de sa famille, car il connaît le sort tragique des Acadiens aux mains des Anglais.
Par la Proclamation de 1763, le roi anglais indique son intention de faire du Québec une colonie anglaise. Le 1er juillet 1867, c’est réussi : la reine Victoria sanctionne une loi qui englobe le Québec dans un nouveau pays à quatre provinces, le Canada. À Toronto, le journal The Globe clame : « Une Amérique britannique unie, de quatre millions de personnes, prend sa place parmi les nations du monde ».
Pour dorer la pilule, on fait croire aux Québécois que le Canada est le fruit de deux peuples fondateurs. N’est-ce pas plutôt un mariage forcé? D’ailleurs, pourquoi les droits des anglophones au Québec ont-Ils été protégés par l’Acte de l’Amérique du Nord britannique, alors que le même privilège n’a pas été accordé aux francophones du Canada hors Québec?
Après leur intégration dans un pays anglophone, les francophones du Québec se redressent enfin, dans la seconde moitié du 20e siècle. Un mouvement souverainiste surgit. Malgré de nombreuses lois adoptées pour tenter de protéger leur langue et leur culture, la primauté du français décline. Depuis la fondation du Canada, le gouvernement provincial du Québec n’a pas le contrôle sur son immigration et sa citoyenneté. Ainsi, au cours des dernières années, la société québécoise se fragmente, son caractère distinct est menacé et, politiquement, le « Maîtres chez nous » devient une illusion.
À contre-courant : l’histoire d’un peuple raconte la résistance des francophones face à un conquérant qui a toujours refusé de reconnaître l’identité distincte du Québec. De génération en génération, de 1760 à 2060, la longue saga des Bélair dit Cléroux illustre les péripéties d’un peuple qui cherche à survivre dans un contexte où l’objectif du Canada est de faire du Québec une province comme les autres, c’est-à-dire anglophone et multiculturelle. Or, son évolution démographique annonce un environnement de plus en plus hostile pour le fait français.
Ils étaient d’abord des Canayens, puis des Canadiens français et, depuis la révolution tranquille, des Québécois. Ces dernières années, les Québécois d’origine canadienne-française ont été affublés du vocable « Kebs » qui est loin d’être flatteur. À la lueur des tendances récentes, l’auteur pose la question : Pour combien de temps encore le Québec pourra-t-il maintenir son caractère français?
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