Piernet, Albert-Louis
Description
Ce recueil de proverbes et dictons du Pays thionvillois est le premier à prendre en compte les quatre langues qui furent dans l’histoire en usage dans
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cette contrée : deux langues vernaculaires, le luxembourgeois et le lorrain roman et deux grandes langues de culture, le français et l’allemand. Le temps n’est pas si loin où la plupart des habitants du Pays thionvillois parlaient couramment trois de ces langues : luxembourgeois, français et allemand dans les deux-tiers nord, lorrain roman, français et allemand dans le tiers sud. J’ai même connu des personnes qui habitaient sur la frontière linguistique, à Aboncourt, à Saint-Bernard, à Fontoy ou à Ottange et qui maniaient habillement les quatre langues.
Cependant ce recueil n’est pas le premier ouvrage quadrilingue rassemblant des proverbes et des dictons à paraître en Moselle. En effet, monsieur Henri Jacquot avait fait paraître à compte d’auteur dans les années 1990 un petit livret intitulé « 600 proverbes et dictons lorrain ». Originaire du sud-est de la Moselle, monsieur Jacquot avait collecté ses proverbes et dictons en francique rhénan de la région de Phalsbourg et en lorrain roman vosgien du pays de Lorquin. Il avait aussi comme dans ce recueil donné les équivalents en français et en allemand. Qu’un hommage lui soit rendu pour son travail au service de la culture de la Moselle.
Ce qui m’a frappé lors de la rédaction de ce recueil, c’est de retrouver les mêmes proverbes en luxembourgeois et en lorrain roman, ce qui démontre qu’au-delà de la barrière de la langue concrétisée par la frontière linguistique, on trouve une même culture, une même mentalité, un même esprit, une même façon de voir le monde. Quand on partait autrefois de Hombourg, de langue luxembourgeoise et qu’on se rendait à quatre kilomètres de là, à Aboncourt où régnait le lorrain roman, on ne trouvait point de douane, point de barrière. Le paysage restait le même. On franchissait pourtant une frontière linguistique qui ne se voyait pas mais qui s’entendait. On vous lançait « Moien ! » à Hombourg, mais « Bwinjo ! » à Aboncourt mais c’était les mêmes gens, le même peuple. Tout ceci a malheureusement disparu. Il ne nous reste de cette époque que le souvenir.
Pourquoi exactement 3500 proverbes et dictons ? Il aurait certes été possible d’en trouver plus mais il convient à un certain moment de savoir s’arrêter. On peut toujours faire mieux et il est plus facile de critiquer que de faire. Alors, voici un dernier petit proverbe, le 3501ème pour la route : Kritiséieren ass méi lit ewéi maachen qui se dit de l’autre côté de la frontière linguistique : ’L at pus-z-âjieu d’crètiquế que d’fâre. Bonne lecture !
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